Une nouvelle posture à la mode : la posture éducative

Publié le par catherine tourette-turgis

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L’éducation thérapeutique est en train de le devenir, comme on le craignait, un champ de pratiques prescriptives sans qu’on offre aux soignants l’occasion de décrire l’expérience vécue des activités d’éducation qu’ils conduisent. Les référentiels et leurs contraintes ont pris le dessus comme nous le pressentions dès la rédaction des premières recommandations officielles. Confier à un seul courant médico-pédagogique médical, la rédaction de référentiels nationaux a été le choix de la France par différence avec les pays qui nous entourent. Du coup les professionnels de santé essaient de rentrer dans des cases pour recevoir des autorisations d’exercer. C’est comme si en France on avait un seul courant psychanalytique, un seul courant dans la psychosociologie des groupes, un seul courant pédagogique et que les écoles Montessori ou écoles Freinet avaient l’interdiction d’exercer toute action éducative, que les courants d’éducation populaires étaient bannis, que les thérapies cognitivo-comportementales étaient interdites etc..

De plus il n’existe pas de réel contre-pouvoir de la part des destinataires de cette éducation puisque la loi assigne les patients dans la résidence de l’accompagnement. Même à l’éducation nationale, la frontière éducation/accompagnement a été supprimée et les dernières réformes scolaires proposent de nombreux dispositifs d’accompagnement car il n’y a pas d’éducation sans accompagnement… Former un adulte à l’acquisition de compétences suppose qu’on connaisse au miminum les situations dans lesquelles il aura à mobiliser ces compétences, les savoirs acquis et les procédures apprises. Cela suppose en premier lieu qu’on identifie les activités que les patients conduisent tous les jours et qui ont trait aux savoirs et compétences qu’ils mobilisent dans l’action, dans la réflexion , comme par exemple la prise de décision en situation d’incertitude. Cela suppose un travail de tentative de compréhension de l’expérience vécue du soin et sa gestion au quotidien par les patients. On a tendance à délaisser les savoirs que le patient mobilise pour continuer à exister comme un autre parmi les autres, pour se focaliser sur les savoirs ayant trait aux tâches qui lui ont prescrites. C’est vraiment enfermant pour eux ! On se dépêche ou on dépêche un autre acteur de santé pour diagnostiquer au plus vite ce que le patient sait, ne sait pas, fait, ne fait pas… de manière à confier à l’espace éducatif la réparation et le redressement des choses. Quelle est cette éducation dont on parle ? Avant de parler des courants pédagogiques en ETP, il faudrait discuter des finalités de l’éducation que le champ du soin, donc les soignants ont envie d’intégrer dans leur suivi de soin en distinguant la discipline des sciences infirmières et celle des sciences médicales car qui pratique l’éducation dans la réalité ? Comment se joue l’articulation entre celui qui la prescrit et celui qui la pratique ? Un patient peut-il faire une demande d’éducation ou proposer une offre d’éducation s’il a été formé voire même s’il est diplômé pour pouvoir le faire ? La fameuse « posture éducative » devenue la posture à la mode dans les articles de vulgarisation sur la pratique de l’éducation thérapeutique n’est pas sans rappeler d’autres modes comme celle ayant trait  à mon époque à : d’où parles-tu  ?

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Nicole HUGON 05/12/2011 14:08

Entièrement d'accord avec vous... D'autant que cette mode se répand dans une population "soignante" qui se voit en permanence imposer critères, procédures et contraintes diverses qui les dispensent
de penser et conduisent à une "fausse qualité" de respect des critères et de perte du sens. C'est la même chose avec l'ETP, qui fait table rase de tout ce que l'on a pu mettre en place avant.
Derrière tout ça, il y a la religion technocratique de l'efficience, avec à l'arrivée une taylorisation du travail soignant fort déshumanisante. Cordialement