Les théories du care : soin et sollicitude

Publié le par catherine tourette-turgis

La posture de soin et de sollicitude à l’égard non seulement d’autrui mais du monde, se définit comme un ensemble de pratiques et non comme un ensemble de dispositions ou de vertus premières. Ce point a un effet immédiat dans les pratiques de soin parental, de soin médical, de soin éducatif notamment sur les représentations identitaires qui continuent d’enfermer les femmes, les mères, les infirmières dans des postures qui expliqueraient les fonctions qu’elles exercent  en les réduisant  à la manifestation d’un instinct  de type maternel, d’une vocation voire d’une identité tout court nourrie par un instinct de sauvetage des plus petits et des plus faibles. La posture de soin est un ensemble de pratiques qui se définissent et s’exercent dans un cadre qui a pour effet bien entendu de créer un certain type d’attachement mais l’attachement aveugle n’est pas premier dans l’affaire. Ces formulations à priori simplistes méritent qu’on s’y arrête car elles remettent en question toutes les représentations sociales des métiers de l’humain, de l’aide  du soin y compris de l’éducation  qui réduisent ces derniers à la manifestation d’un registre bien particulier : celui de la vocation comme si celle-ci pouvait suffire à exercer des fonctions qui comme on le voit précisément sont de l’avis des personnes qui les exercent de plus en plus difficile à exercer par manque de mise en place de cadres notamment pour prendre soin de populations de plus en plus vulnérabilisées ou voire qui s’opposent aux modes de délivrance des soins habituels et aux valeurs qui en accompagnent la délivrance notamment l’appel à l’autonomie. La crise dans les métiers de l’humain s’inscrit dans un climat social qui essaie de réformer les pratiques de soin sans faire se rencontrer ou s’interroger sur les liens qui les unissent les pourvoyeurs et les bénéficiaires. 

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