L’éducation thérapeutique à l’UPMC : Deuxième promotion de Master 1

Publié le par catherine tourette-turgis

 

 Le temps passe vite, quelle émotion de voir notre première promotion de master 2 à la fois s’envoler de retour vers chacun son institution et en même temps rester pour  25% d’entre elle en doctorat. Les liens ont été très fort entre les personnes de cette promotion hybride composée de soignants, de représentants du monde associatif, et bien sûr de "patients expérimentés."

Plusieurs travaux de fin d’année vont donner lieu à publications et  parmi les doctorants  de la rentrée nous  avons  aussi des patients expérimentés titulaires du master 2 « sortis dans la botte. »

L’UPMC se veut une université d’excellence, notre promotion n’a pas déçu l’institution et surtout elle va continuer à vivre par les liens qu’elle a construits entre les personnes, avec les équipes pédagogiques et avec l’université elle-même.

Nous avons pu établir des liens avec tous nos enseignements en éducation thérapeutiques, deux promotions de DU, le master 1, le master 2 et nos 40 heures à distance qui se déroulent à l’heure actuelle en direction des associations de patients des pays francophones à ressources limitées. Il s’agit là aussi d’une belle expérience soutenue par "ensemble contre le sida", le ministère des affaires étrangères et la Fondation Luc Montagnier. Il s’y passe des événements pédagogiques de la plus haute importance sur lesquels je reviendrai.

Nous ouvrons des cycles de formation à la demande et allons pouvoir délivrer des certificats européens de compétences en éducation du patient.

L’équipe pédagogique s’agrandit tous les ans, notre master en éducation thérapeutique est maintenant  partenaire privilégié  du master  didactique professionnelle en milieu de soins. La didactique professionnelle que nous venons de présenter dans un petit film, se décrit comme l’analyse de l’activité des acteurs de santé  au travail pour aider au développement de leurs compétences au sens où c’est dans le réel de leur activité que les soignants rencontrent leur développement. Plutôt que de chercher à passer  trop vite des savoirs aux compétences, démarche traditionnelle qui donne la priorité aux démarches en extériorité, il me paraît de plus en plus pertinent surtout dans un champ de pratiques émergentes comme l’éducation thérapeutique de passer du temps à comprendre comment un soignant à partir des actions qu’il mène produit de la connaissance. La didactique professionnelle porte sur une dimension majeure, le concept du pouvoir d’agir alors que la didactique des disciplines scolaires porte sur la dimension je sais ou ne sais pas. Ce sujet qui peut, qui est considéré dans son pouvoir d’agir ne peut pas se réduire à un sujet connaissant. Le soignant éducateur invente des savoirs, produit des savoirs, mobilise des ressources, en les empruntant là où il les trouve donc souvent au travail pour développer son pouvoir d’agir.

Cette année nous aurons donc des enseignements aux interfaces entre le master en éducation thérapeutique et le master didactique professionnelle.

J’ai beaucoup travaillé cette année ainsi que toute notre équipe pédagogique afin de stabiliser, améliorer, vivre l’expérience du apprendre  ensemble avec nos étudiants. Les M1 ont  eu à rédiger un journal de cours pour lequel je  me suis inspirée de l’approche de Mireille cifali. Elle explique à quel point « dialoguer avec le cours » en invitant les étudiants à écrire sans recourir aux critères académiques les autorise à penser, critiquer, douter, « à rebondir, à dériver en prenant appui sur le cours ».

Je me suis aperçue en dehors de la beauté des textes rédigés, de leur force théorique et expérientielle que cet appui sur le cours les protégeait de la peur de la plage blanche. Certains journaux de cours sont émouvants, poignants, forts, pertinents. Avec certains, on a l’impression d’assister au film de certains cours, les acteurs, l’intervenant, les places, les chaises, les mouvements tout y est décrit selon une forme filmique. D’autres journaux utilisent la forme d’une pensée qui se meut, se bat, se débat et finit par s’échapper pour se trouver dans sa propre forme. D’autres journaux donnent à voir un cheminement réflexif qui construit une pensée qui s’ébauche, qui bute, qui avance, qui recule, qui s’énerve avec des concepts qu’il faut évincer et reclasser. D’autres encore sont des récits précis descriptifs de ce qui s’énonce dans les cours  et donne au lecteur à chercher le type d’adressage qui est en jeu. Cette lecture des journaux de cours m’a émue, ébranlée, fait avancer y compris sur les contenus des cours. Finalement qu’est ce que vivre l'expérience d'un cours pour un étudiant ?

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LEDOUX 26/07/2012 14:49

BRAVO CATHERINE !!