Journal de bord du Master en ETP de l'UPMC

Publié le par catherine tourette-turgis

Déjà une année qui se termine, le temps a passé si vite, voilà que déjà la promotion du Master 1 va passer en Master 2 et nous allons y accueillir des candidats ayant obtenu des Master 1 dans les domaines de la santé, des politiques sanitaires ou issus des autres Master 1 santé de notre université. Nous allons passer d’un groupe de 18 à un groupe de 25 personnes en M2. C’est toujours émouvant de recevoir des lettres de candidatures qui sont en fait des récits de vie, des descriptions professionnelles et de  penser comment nous allons accueillir telle ou telle personne. Le groupe M1 est déjà constitué avec une forte dynamique et il  se prépare à l’accueil de 7 nouvelles personnes. Notre communauté d’apprentissage va s’agrandir. Comme notre master s’inscrit dans une offre de 5 autres master santé, sur le campus, nous sommes en train avec les collègues de voir comment mutualiser nos parcours. Les étudiants pourront eux aussi aller suivre à la carte certains enseignements dispensés dans les autres parcours (handicap, gérontologie, ingénierie médicale, didactique professionnelle, réadaptation).

En éducation thérapeutique en M1 à la  rentrée nous allons recevoir 25 nouveaux étudiants. Nous avons réussi à maintenir un tarif à 450 euros pour les soignants qui ne peuvent pas bénéficier d’une prise en charge par la formation continue et ce dans nos 5 masters. Il va nous falloir maintenir un équilibre et aussi travailler sur une pluralité de situations (inscriptions individuelles au titre de la formation initiale, inscriptions au titre de la formation continue, bourses à trouver pour les étudiants patients etc).

En mettant les regroupements sur les mêmes semaines, nous sommes en train d’imaginer des rencontres lors des déjeuners, des débats en commun  avec des invités, des passerelles, des séances de formation collaborative, des séances d’auto-formation, un choix à la carte en termes de curriculum, des choix de pédagogie différenciée.

Cette année a été un vrai bonheur pour moi au sens où chaque année je me risque un peu plus dans le projet pédagogique qui me tient à cœur et que je mets en place par étapes. On oublie souvent qu’un pédagogue c’est aussi un preneur de risques. On n’a pas la vie des gens dans notre main mais avoir la responsabilité  de la réussite d’une formation, de l’organisation d’un dispositif d’apprentissages n’est pas simple. Je suis replongée depuis quelques mois dans les approches émergentes dans les théories de l’apprentissage et de la formation des adultes. Il y a de nouveaux auteurs et les écrits des suédois et norvégiens sont absolument passionnants et encore peu connus en France.

Nous avons organisé lors du dernier regroupement des réunions d’autoévaluation individualisée afin de mieux recentrer le programme  général et aussi de préparer la rentrée prochaine. La demande qui remonte le plus c’est une demande d’apprendre à apprendre à lire et comprendre les grands textes de référence en sciences humaines et sociales concernant l’éducation . La rédaction du journal de bord d’étudiant apprenti a été importante pour certains étudiants de M1 cette année. Le  mois dernier, « le magazine de la santé » de France 5 est venu dans le Master.Toute la promotion était plus ou moins tendue (moi aussi) car il nous fallait soudain témoigner de ce que nous avions vécu, de nos implications, de nos engagements, de nos choix pédagogiques et ceci notamment en ce qui concerne l’inclusion d’étudiants patients qui ont été longuement interviewés ce jour-là sous la forme de regards croisés sur une formation où soignants et patients étudient ensemble. Pour couper court à toute attaque, les patients de cette année n’ont pas eu besoin d’une validation de leur acquis car ils avaient un niveau universitaire leur permettant de toute façon d’entrer en Master. Je précise cela car bien entendu je suis en train de travailler sur des équivalences et un référentiel des acquis de l’expérience des malades avec une équipe de chercheurs.Heureusement les open university, l’université de Montréal et bien d’autres dans le monde développent des programmes qui relèvent des mêmes orientations.

Par ailleurs, les textes officiels portant sur l’éducation et la formation tout au long de la vie en ajoutant au texte de loi sur la validation des acquis professionnels (VAP 1985) le texte de loi sur la validation des acquis de l’expérience (VAE) sont très clairs et vont  dans mon sens ainsi que d’autres pays du monde …. Néanmoins, il faut se battre dès qu’on touche à un projet de diplômation en direction de personnes qui ont des savoirs acquis par l’expérience que  les référentiels habituels ne décrivent pas . Ce n’est pas une raison pour leur dénier toute qualification tout autant que le droit de reprendre des études dans des filières qui pourrait leur en donner une comme les filières santé et éducation!

Paris le 26 avril 2011

 

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Francos 05/04/2012 11:18

Bonjour, je lis votre blog avec intérêt. Je travaille avec MSF sur l'éducation thérapeutique et le counseling en formant des soignants dans le différentes missions et suis consciente de la dérive
"éducative" qui ne tient pas compte des processus socio-psychologiques du patient. Vous ancrez votre approche dans l'UFR des sciences de l'éducation mais qu'en est-il des processus psychologiques
et de leur prise en compte dans les maladies chroniques? ne vous semble-t-il pas que les éducateurs thérapeutiques ont besoin de sérieuses connaissances dans ce domaine?
Je vous remercie de bien vouloir éclairer ces interrogations.
Yolande Francos