l'education thérapeutique: a quel moment la proposer ?

Publié le par catherine tourette-turgis

Disposer de ressources professionnelles en éducation thérapeutique ne suffit pas, j'entends souvent que le service mis en place n'est pas utilisé. Il y a là plusieurs raisons : le fait que les médecins y croient et orientent le patient vers l'équipe d'éducation , le fait que les infirmières prennent l'initiative de la présenter systèmatiquement à chaque patient , le fait que les patients dans un service soient informés de l'existence de ce service . Ceci est si crucial que nous avons passé la journée d'hier à écrire des scripts pour les médecins, des scripts de présentation de ce service pour les infirmières ( comment inviter le patient à venir, à revenir, à avoir envie de prendre rendez-vous , comment s'entretenir au téléphone avec un patient hésitant mais qui pourtant a besoin d'un accompagnement thérapeutique au vu de la détérioration de son état de santé) . Le partage en équipe infirmières et médecins est un élément fondamental de l'organisation de l'éducation. On a trop tendance dans les services à laisser à l'éducation et à la consultation le soin de réparer tous les maux. On inscrit l'éducation, l'accompagnement dans des logiques de réparation et non dans des logiques de prévention ou tout simplement des logiques de bien-être, d'amélioration de la qualité de vie des patients  , des logiques ayant trait au désir d'en savoir un peu plus sur sa maladie, sur soi, sur son rapport à sa maladie. 
Quand la proposer est une question essentielle. Suite à l'annonce d'un diagnostic à un patient qui le terrasse ou le sidère, de quoi a -t-il le plus besoin ? D'une forme de présence et d'accompagnement pour ne pas s'effondrer ou ne pas s'enfermer dans un retrait qui annulerait tout son travail de mise en place de capacités à faire face à survivre psychiquement à ce qui lui a été annoncé ? L'éducation c'est aussi une théorie de la sympathie dans le soin, c'est une écoute, c'est soutenir les forces de vie ,c'est la non violence absolue .En même temps on ne peut plus dans ces conditions laisser le médecin seul faire une annonce et immédiatement inviter l'équipe d'éducation à reprendre cette annonce avec le patient. Cette division des tâches est inacceptable pour les médecins, pour les infirmières mais aussi pour le patient. Il faut recevoir le patient à deux ou trois lorsqu'on dispose de ressources en accompagnement avec utilisation de plusieurs types de langage dans la consultation de manière à ce que nous fassions tous partie du "remède prescrit "en termes d'espoir, de prévention de l'effondrement et de la mobilisation des capacités de faire face qui ne vont pas apparaître en un jour. Il va falloir du temps au patient , un temps où il va développer un désir de savoir à son propre rythme mais vraisemblablement pas un désir  d 'apprendre, c'est beaucoup trop tôt . Il va falloir réorganiser le système de soin si on veut développer de véritables programmes d'accompagnement et d'éducation thérapeutique. Moi je me sens prête à participer à cette exigence de changement et vous ?

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rene hayoun 16/01/2009 14:10

Moi je me sens prête à participer à cette exigence de changement et vous ?, c'est votre propos, nous pouvons echanger nos experiences, mon approche est moins complexe que celle decrite, elle semble bien marcher

Alonso Colina 20/03/2008 06:22

Je croie que l'accompagnement et soutien des équipes devient essentiel pour que le patient se sent "vraiement compris et entouré" dans le moment crucial de l'annonce de sa maladie.Mais cette fameux soutien fait partie de une culture professionnel des équipes qu'il faut encore travailler. Car pour que nous soyons coherantes dans cette demarche d'écoute et de soutien nous devons encore améliorer notre communication en osant parler de nos propes peurs et hessitations face à l'inconnu de la personne malade , peut être qu'en nos écoutant plus entre nous on arriverai aussi à mieux écouter les patients.

marie josephe merienne 19/03/2008 14:27

L'éducation c'est la non violence absolue et j'ajouterais le recentrage vers une re possession de son corps: manière de rester vivant et actif face ce que l'on devient. Non? qu'en pensez vous?