la conclusion de mon QSJ sur le counseling en 1996

Publié le par catherine tourette-turgis

Voila j'avais envie ce soir de partager avec vous la conclusion de mon QSJ sur le counseling car elle me semble encore d'actualité et du coup me donne envie de reprendre un peu d'écriture sur ce thème .Cette relecture vient à point nommé pour moi car  je suis invitée à travailler avec l'association les enfants du canal dans le cadre d'un programme de formation co-animé par Emmaus où avec Comment Dire nous allons former des aidants de proximité - c'est à dire des personnes qui viennent comme elles disent d"e sortir de la rue "- l'expression est paradoxale mais si pertinente !  -  et qui bénéficient d'un logement social  et d'une activité sociale temporaire assortie de formations . Ces aidants  vont aller à leur tour dans la rue à la rencontre de leurs pairs à l'issue de la formation au co-conseil  ( peer-counseling ) qui va commencer bientôt !
"Dans l’histoire des pratiques de la relation d’aide,peu d’auteurs avaient prévu à quel point les méthodes de domination des sociétés sur les individus et les communautés se transformeraient. Elles sont devenues plus insidieuses et surtout ont produit une illusion majeure: celle de se présenter comme profitables pour ceux-là mêmes qui en sont l’objet. Il est notable que la majorité des courants psychologiques se complaisent dans l’établissement silencieux ou le maintien d’une alliance secrète plus ou moins à l’insu avec les représentants de la domination et de l’oppression généralisée des systèmes économiques et politiques sur les individus.Ainsi il est devenu commun face aux personnes les plus démunies dans nos sociétés de leur prescrire le sacro-saint principe de réalité et d’exiger d’elles de surcroît des capacités d’adaptation que défaillances de leur environnement a précisément détruit en elles . En ce sens et nous y reviendrons,les zones d’élection du counseling dans le monde entier sur les terrains compassionnels n’ont cessé de nous interroger sur un possible effet pervers si les praticiens du counseling n’opèrent pas une rupture épistémologique avec les modèles traditionnels des sciences cliniques et sociales. Le retrait du counseling du champ de l’éducation, sa faible représentativité dans le champ des préventions nous inquiètent d’autant plus qu’il serait regrettable qu’une fois de plus, l’aide soit présente du côté de l’impensé de la pulsion de mort et soit inexistante dans le champ du soutien des pulsions de vie. Recevoir une aide en fin de vie ou lors d’une catastrophe de la part de ses pairs est le minimum qu’un être humain puisse attendre d’une société qui l’a conduit jusqu’à ce moment là de sa vie. Mais nous ne pouvons pas oublier ce que des personnes ayant pu avoir accès gratuitement à des services de counseling nous ont confié sur le mode du regret, de la colère ou de la tristesse: Pourquoi a-t-il fallu cette catastrophe pour qu’un jour, je me sente écouté! »" 
extrait du QSJ , 3133, page 123 ,Catherine Tourette-Turgis, Presses Universitaires de France , 1996.
 

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Psychologie et Communication 30/08/2012 16:51

Et encore leur conclusion est optimiste. Ce n'est pas leur "catastrophe" qui les a fait entendre mais ses effets ricochet sur la tranquilité de ceux qui trouvent qu'intervenir devient moins
dérangeant que s'abstenir.
Il y a beaucoup à faire pour que la solidarité opérationnelle devienne aussi un plaisir partagé.
Françoise A-M