counseling, oncologie, résultats des études

Publié le par catherine tourette-turgis

La revue de la littérature a plusieurs fois démontré l’intérêt du counseling dans l’accompagnement des personnes confrontées a un cancer. La première méta-analyse citée et reprise régulièrement dans la littérature date de 1995 .Cette analyse ( Meyer[1]) porte sur 45 études randomisées comprenant une intervention psychosociale . L’article conclut en disant qu’il n’est plus souhaitable de conduire plus de recherches portant sur l’intérêt , l’impact et l’efficacité d’interventions psychosociales quelque soit l’approche visant à accompagner et soutenir le patient confronté au cancer. Ces interventions présentent un haut degré de pertinence et sont bénéfiques pour les patients .Les bénéfices patients sont de trois ordres ; l’amélioration de leurs capacités émotionnelles ,de leurs stratégies d’ajustement , de leur rapport au vécu des traitements et des symptômes. Certaines interventions sont de fait plus centrées sur telle ou telle étape dans la maladie ou ses traitements. Les approches différent les unes des autres , ainsi par exemple la revue des 45 études comportent des approches cognitivo-comportementales strictes , des approches émotionnelles y compris de la musico-thérapie, des approches sociales reposant sur la participation des pairs et de l’entourage , des séances d’informations sur la maladie et ses traitements . On voit déjà en 1995 ce qui sera repris par la suite qu’en termes d’accompagnement et de soutien, on peut choisir plusieurs types d’approches , une approche de type individuelle , une approche de  groupe conduite par un professionnel de soin mais aussi une approche en groupe conduite par des patients ou par des associations de patients . Les auteurs de cette méta-analyse insistent sur l’intérêt à intégrer des éléments de mesure et de suivi psychosocial dans le monitoring médical des patients de manière à pouvoir répondre en temps réel ou à anticiper les difficultés psychosociales qui surviennent dans la vie des patients et pouvoir intégrer le counseling  au bon moment dans leur trajet de soin .En 2003, une grande étude refait le point sur les interventions psychosociales ( Rehse[2]) en étudiant cette fois-ci l’efficacité de ce type d’interventions sur la qualité de vie des adultes affectés par un cancer . La revue des 37 études conduites pour 14 d’entre elles en Europe comportant un groupe contrôle, tente de répondre à plusieurs questions dont celles ayant trait à l’approche utilisée, la durée de l’intervention, les paramètres cliniques et les différents modèles conceptuels utilisés dans les questionnaires de qualité de vie .Les approches décrites dans les études sont des approches issues des différents courants théoriques dans le counseling (existentiel, éclectique, cognitivo-comportemental). Les interventions englobent aussi des interventions en groupe centrées sur la communication, l’échange d’expériences, le soutien par les pairs. D’autres interventions se définissent comme des formations personnelles visant le développement et l’amélioration de stratégies d’adaptation émotionnelle ou cognitive .Les critères définissant la durée des interventions sont de deux ordres, inférieure ou supérieure à trois mois. 38,7% des pathologies ,toutes études confondues concernent des cancers du sein, suivis par 12, 9 % de cancers du poumon et 9,9% de cancers gastro-intestinaux. Les conclusions de cette méta-analyse ressemblent à celles de la méta-analyse de 1995, c’est à dire qu’elles invitent à intégrer des interventions de soutien , d’accompagnement et/ou d’éducation dans le trajet de soin des personnes affectées d’un cancer.


[1]Meyer TJ, Mark MM.Effects of psychosocial interventions with adult cancer patients : a meta analysis of randomized experiments, Health Psychol 1995;14:101-8
[2] Barbara Rehse,Ralf Pukrop, Effects of psychosocial interventions on quality of life in adult cancer patients: meta analysis of 37 published controlled outcome studies ,Patient Education and Counseling 50 ( 2003) 179-186

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