Counseling , médecine et santé

Publié le par catherine tourette-turgis

Dans le master  2 Professionnele d'éducation thérapeutique de l'université de Rouen ( Sciences de l'éducation ), un module d'enseignement sera consacré au counseling . Pourquoi ?
Les relations entre counseling et médecine sont très étroites dans la mesure où l’accompagnement des personnes confrontées à l’annonce d’une maladie à pronostic sévère ont besoin d’un soutien immédiat et personnalisé pour atténuer le choc et développer leurs capacités à faire face non seulement à la maladie elle-même mais tout autant de manière imprévue de surcroît à son impact psychosocial négatif. Par ailleurs on observe dans les maladies chroniques une non observance évaluée à environ 50% et pour certains traitements les ruptures d’observance ont des conséquences graves sur le maintien de la santé. Dans le cas de traitements dont l’efficacité est dose-dépendant comme les médicaments anti-rétroviraux, un arrêt de prise de médicaments supérieur à 48 heures compromet l’efficacité thérapeutique du traitement et laisse place à l’émergence de résistances et de mutations du virus.
Dans le cas des traitements post-transplantations, un arrêt de prise des anti-suppresseurs immunitaires endommage le greffon . Très longtemps on a blâmé les malades lorsqu’ils n’étaient pas observants dans la prise de leur traitement et il a fallu des études s’appuyant sur les récits de vie des malades et leurs témoignages sur la manière dont ils vivaient leur maladie et le soin pour démontrer que la prise d’un traitement par un patient était dépendant non pas seulement de lui-même mais aussi d’un ensemble de facteurs comme ceux liés à la relation médecin-patient, l’organisation du système de soin, les médicaments eux-mêmes et notamment leurs effets secondaires .
La médecine de fait a eu un impact sur le développement du counseling à tel point que la plupart des grandes associations de counseling anglo-saxonnes ont créé des sections entièrement consacrées aux questions de santé ( ex section santé de la British Association of Counseling, la revue Patient Education et Counseling ,.Le counseling spécifique développé dans le secteur de la santé emprunte à plusieurs courants théoriques ( cognitivo-comportemental, motivationnel, existentiel ,psychanalytique , éclectique ) ses concepts mais aussi s’inscrit souvent et cela est très net dans l’infection à VIH dans les courants modernes d’éducation fondées sur l’empowerment et la psychosociologie des groupes à visée émancipatrice . Le malade chronique a besoin de garder, prendre ou reprendre le contrôle sur sa maladie, il a besoin de continuer son développement personnel en y intégrant une part d’incertitude non destructrice et il a aussi besoin d’un haut degré de motivation interne et d’ autonomie pour se soigner de manière continue sur une durée illimitée ( maintien sur le long cours d’un degré d’observance thérapeutique élevé des médicaments mais du suivi de soin telles que les visites à l’hôpital ) . En ce sens il a besoin et ce sont là les premières étapes du counseling d’une formation thérapeutique sur sa propre maladie . Il a besoin d’acquérir des connaissances et des informations lui permettant de prendre un certain nombre de décisions y compris d’adhérer aux décisions thérapeutiques . Ce type d’approche est en rupture avec les modèles traditionnels et autoritaires qui ont longtemps présidé dans les lieux de soin qui exigeait des malades respect , soumission, silence et obéissance . L’évolution des courants pédagogiques en éducation à la santé a démontré l’efficacité des modèles de communication participatifs dans le milieu du soin . Dans les maladies chroniques ( la Grande Bretagne dénombre 17 millions de malades chroniques) , plus rien ne peut se faire sans une relation de type partenariale avec le patient.
 

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