education therapeutique dans les pays du Sud

Publié le par catherine tourette-turgis

Aujourd'hui je prends conscience que le master va pouvoir s'ouvrir, j'ai passé le week end a écrire et à reprendre contact avec les pays du Sud pour envisager comment le master pourrait aussi servir les intérêts fondamentaux des pays à ressources limitées où jai rencontré des ONG qui avaient mis en place des programmes d'éducation thérapeutique. J'ai contacté MSF pour qui j'ai fait une conférence sur l'éducation thérapeutique à genève lors d'un regroupement mondial en janvier dernier . J'aimerais que la dimension pays a ressources sanitaires limitées soie présente dans ce master , c'est important d'intégrer la dimension humanitaire dans le soin, de militer pour une couverture mondiale dans l'accès aux médicaments essentiels, de développer des approches de l'éducation qui intègre toutes les dimensions géopoliques de la santé . Alors j'ai relu mon journal de mission et je me permets d'en partager quelques pages avec vous . Les jours prochains , nous explorerons à nouveau des points méthodologiques.
Extrait de mon journal de Mission au Kenya
 
Le mois d’août tire à sa fin en France, il se termine pour moi par une mission commanditée par Sidaction au Kenya où il s’agit d’évaluer les besoins des communautés touchées par le VIH et de mettre en place des réponses et des mini structures visant à aider les personnes infectées à s’organiser dans la riposte au SIDA dans un pays où faire une manifestation sur le SIDA est passible d’emprisonnement .Les quelques touristes qui sont dans l’avion Kenyan Airlines au départ de Londres sont équipés de matériel et de vêtements pour faire un safari , je les évite et change de place dans l’avion dès que c’est possible . Je rejoins les rangées de l’arrière de l’avion, et m’isole avec un roman car je n’ai pas envie de partager l’excitation tout à fait légitime de leurs vacances et j’ai encore moins envie d devoir expliquer les raisons de mon voyage au Kenya.Mes missions m’ont apprise une certaine pudeur, en effet on me demande souvent combien de temps je reste dans le pays, à quel hôtel je descends et quels sont mes projets de visite lorsque je voyage vers des destinations comme le Kenya, le Cambodge, la Thaïlande, le Maroc les Caraïbes et la plupart du temps je ne dévoile pas les raisons de mes missions car je ne veux être le trouble fête de l’avion . Mon travail devient une part secrète et je n’ai pas envie de devoir supporter les commentaires souvent désobligeants à l’égard des peuples qu’il soulève. L’Afrique c’est différent, dans les avions on y rencontre beaucoup de personnes qui travaillent dans le développement et c’est d’ailleurs assez drôle d’avoir dans la même rangée, un consultant qui travaille sur l’acheminement de l’eau, un autre sur la prévention de la famine, un autre sur la résolution post-conflit et un autre sur le SIDA. Cela pose aussi question de voir tous ces consultants traversés à la fois par l’excitation procurée par leur travail mais tout autant par le désarroi .On y rencontre plusieurs profils : celui qui dit c’est simple la solution pour l’eau c’est d’aller la chercher là où elle est , il y en aurait seulement pour quelques mois à la faire circuler , d’autres qui en ont marre de la corruption des gouvernements, d’autres qui sont plutôt des développeurs théoriques et qui usent et abusent de concepts politiquement corrects, d’autres encore qui sont en colère contre les développeurs qui travaillent sur un autre thème qu’eux et à ce sujet on se fait souvent reprendre et réprimander lorsqu’on travaille dans le SIDA. «  Vous faîtes n’importe quoi, vous donnez des médicaments contre le SIDA mais il faut éradiquer la pauvreté avant, il faut donner à manger avant de donner des antiviraux .
C’est oublier et à chaque fois il faut le démontrer que lorsqu’on est pauvre, la maladie rend encore plus pauvre et qu’en permettant une stabilisation ou un retour à la santé on participe à notre niveau à la lutte contre la pauvreté Prendre un traitement prophylactique comme le Cotrimoxazole lorsqu’on a moins de 200 CD4 c’est pouvoir se relever de son lit, pouvoir ressortir dans sa cour et être capable à nouveau d’aller au marché vendre du bois et faire des petits travaux pour nourrir sa famille . !

Commenter cet article