l'éducation thérapeutique , quels courants pédagogiques ?

Publié le par catherine tourette-turgis

La pédagogie traditionnelle part d’une question : quels sont les savoirs et comportements élémentaires qu’un apprenant doit acquérir ? En éducation thérapeutique, la transposition de cette question devient : quels sont les savoirs et comportements élémentaires qu’un patient doit acquérir pour gérer sa maladie et son traitement ? L’école nouvelle part de l’hypothèse suivante : exposons à l’apprenant des problèmes proches de son contexte de vie et invitons-le à trouver des solutions. En éducation thérapeutique, la transposition de ce postulat devient : exposons au patient des problèmes proches de son contexte de soin et invitons-le à trouver des solutions. Les savoirs seront délivrés au fur et à mesure que le patient en aura besoin pour générer des solutions et des alternatives (approche par résolution de problèmes)

L’école nouvelle privilégie le désir de savoir, la pédagogie traditionnelle privilégie le désir d’apprendre. L’éducation thérapeutique a été introduite d’abord dans le diabète et l’asthme il y a une trentaine d’années1car il était alors nécessaire d’une part de donner des enseignements de base aux 
patients pour éviter les complications aiguës dues à leur pathologie qui pouvaient être mortelles, d’autre part de leur apprendre à mieux les contrôler et gérer lorsqu’elles survenaient. Les premiers programmes d’éducation thérapeutique définissaient un ensemble d’objectifs à atteindre par le patient dans une perspective d’auto prise en charge. Il s’agissait de réduire les complications graves du diabète, comme la cécité, les amputations pour gangrène diabétique, ou les morbidités coronariennes, par la participation volontaire du patient à leur prévention. On retrouve dans la description des premiers programmes d’éducation l’influence d’un courant pédagogique en sciences de l’éducation, à savoir la pédagogie par objectifs. Cette approche présente l’avantage d’être facilement assimilable par des soignants ne possédant pas de formation approfondie dans le champ des sciences de l’éducation. La transposition de la pédagogie par objectifs dans le champ du soin n’est pas toujours opportune, surtout quand les objectifs d’apprentissage sont pensés du point de vue des soignants et non de celui des patients. Que peut bien vouloir apprendre un patient et à partir de quel moment sent-on qu’il est prêt à apprendre quelque chose et sur quoi ? Comment transmet-on des savoirs à un malade sur sa propre maladie sans expliciter le sens des enseignements choisis, les
attentes et les objectifs de cette transmission de savoirs ? Comment procéder à un enseignement qui a pour mission de transmettre aux patients des savoirs dont la visée est l’amélioration de leur condition médicale  de leur qualité de vie, et leur développement personnel ?

 

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