Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 16:22

Cette année , nous avons atteint un rythme de croisière dans nos diplômes en éducation thérapeutique à l'Université Pierre et Marie Curie. Je suis en train de finir le montage de mon  premier Itunes U . Notre chaire de recherches en éducation thérapeutique avance bien . Nous avons deux DU, un master 1, un master 2 et bientôt une école doctorale. Nous ouvrons aussi des  enseignements à distance à partir de la rentrée prochaine.

Nous travaillerons toute la journée du 13 mars à la rédaction définitive de nos projets de recherche dans le cadre de notre partenariat avec le CRF au CNAM. Jean Marie Barbier et Richard Wittorski ont bien aimé les engagements et notre côté pionnier à  l'UPMC dans le champ de la formation des adultes et l'éducation thérapeutique . Si on travaille avec une dizaine de chercheurs sur la  transformation du champ de l'éducation comme champ de pratiques en champ de recherche, cela va nous permettre en quelques années de produire des recherches nouvelles dans le champ de la formation des adultes et de l'éducation en direction de publics exposés à une vulnérabilité biologique.J'ai travaillé avec Denise Jodelet la semaine dernière où j'étais invitée à présenter mes axes de recherches à des collègues des universités du Brésil et d'Allemagne. On va partenariser ensemble et ce d'autant plus que le Brésil est en train de développer des master santé et éducation thérapeutique.Nos étudiants à l'UPMC vont bien, il sont cette année dans tous nos diplômes plus de 100 et ils sont en train de se constituer en groupe et collectif avec plein de projet. Les premiers master 2 vont sortir en juin et plusieurs veulent aller en thèse. Ils seront accueillis au CNAM et à l'école des hautes  études en sciences sociales dans le cadre de nos partenariats mais aussi dans d'autres universités qui sont en train de nous approcher pour qu'on les aide à créer des master santé et éducation.

Je suis en train de terminer mon HDR et je sors de ce travail en étant beaucoup plus sûre de moi au sens où en faisant parler les vivants mais aussi les acteurs et les  auteurs  vivants et morts qui ont marqué les sciences humaines et sociales , je me suis aperçue à quel point je pouvais m'appuyer sur des écrits, des concepts, des notions solides pour pouvoir argumenter les orientations que j'avais prise dans le champ des "métiers de l'intervention sur autrui " et cela il y a déjà 25 ans lors de mes premiers travaux , publications, interventions et engagements dans la lutte contre le SIDA.  Dans l'archéologie des savoirs, il faut continuer à défricher des couches entières de gisement de savoirs , ne pas se laisser enterrer et ne pas enterrer les idées qui ont permis à d'autres générations de résister , de se maintenir dans une position d'interrogation et de doute propice à la production de nouvelles connaissances.

On ne peut pas continuer à enseigner à l'université y compris dans un simple DU l'éducation thérapeutique comme un ensemble de tâches prescrites que les soignants devraient exercer et que les patients devraient réaliser. En fait j'ai pensé que comme on était en train d'ouvrir une école doctorale , nous devions déjà dès le niveau DU donner accès aux étudiants à l'ouverture du champ de l'éducation thérapeutique comme un champ de recherche. La distinction théorie- pratique doit s'estomper le plus rapidement possible dès qu'on s'interesse à l'acte éducatif et aussi à l'acte formatif pour éviter de laisser accroître aux acteurs de santé , patients y compris l'idée  qu'il y aurait un monde où les praticiens seraient sommés d'appliquer ce que d'autres  des  chercheurs découvrent. Dans une classe , on est à la fois co-enseignant et co-apprenant dans la même heure, au même moment, dans l'après coup parfois . C'est ce que le SIDA nous a magistralement montré : on apprenait des malades car on ne savait rien de cette maladie . Il fallait juste continuer à garder cette posture d'apprenant une fois que l'on savait ce qu'était la maladie c'est à dire 5 ans plus tard et des milliers de morts plus loin.J'ai retrouvé dans mes journaux de recherche des transcriptions de réunions à la Pitié Salpêtrière où on nous montrait  dans les pires années de l'épidémie, des matériaux d'autopsie pour nous expliquer les mécanismes d'action virale dans certaines zones du cerveau. Cet accès à tout était possible à une époque où il s'agissait non seulement de comprendre mais de travailler ensemble comme une communauté d'apprentissages partagés. Je pense avoir gardé cette posture de travail jusqu'à maintenant et le moment est venu d'en témoigner théoriquement et non plus cliniquement seulement de l'importance pour tout chercheur à refuser de travailler seul . J'ai travaille au cours de  ces derniers mois sur les théories du care, les théories de l'analyse de l'activité, les théories de l'analyse du travail et bien sûr j'ai fait des ponts, des petits chemins,des croisements, pas encore des autoroutes entre des concepts que j'ai mixés  ensemble pour relire et répondre à quelques questionnements sociaux qui sont à l'heure actuelle traités avec des théories obsolètes. Cela m'aura pris plus de deux ans pour poser , déposer et laisser quelque chose qui sera à la fois la  reconstruction d'un parcours universitaire, la description d'un itinéraire , la production de résultats en termes de connaissance sachant que la description détaillée des conditions de production de ces connaissances a été une des parties à laquelle j'ai consacré une attention constante.

Je reviendrai sur mon blog dans les semaines qui viennent pour m'expliquer un peu plus sur tout cela.

Bon week end

Paris le 24 février 2011. Il est 17h 42, il fait 15 degrés environ, le jour se montre un peu indécis, le ciel est couvert d'idées bien sûr !

Par catherine tourette-turgis
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 13:47

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L’éducation thérapeutique est en train de le devenir, comme on le craignait, un champ de pratiques prescriptives sans qu’on offre aux soignants l’occasion de décrire l’expérience vécue des activités d’éducation qu’ils conduisent. Les référentiels et leurs contraintes ont pris le dessus comme nous le pressentions dès la rédaction des premières recommandations officielles. Confier à un seul courant médico-pédagogique médical, la rédaction de référentiels nationaux a été le choix de la France par différence avec les pays qui nous entourent. Du coup les professionnels de santé essaient de rentrer dans des cases pour recevoir des autorisations d’exercer. C’est comme si en France on avait un seul courant psychanalytique, un seul courant dans la psychosociologie des groupes, un seul courant pédagogique et que les écoles Montessori ou écoles Freinet avaient l’interdiction d’exercer toute action éducative, que les courants d’éducation populaires étaient bannis, que les thérapies cognitivo-comportementales étaient interdites etc..

De plus il n’existe pas de réel contre-pouvoir de la part des destinataires de cette éducation puisque la loi assigne les patients dans la résidence de l’accompagnement. Même à l’éducation nationale, la frontière éducation/accompagnement a été supprimée et les dernières réformes scolaires proposent de nombreux dispositifs d’accompagnement car il n’y a pas d’éducation sans accompagnement… Former un adulte à l’acquisition de compétences suppose qu’on connaisse au miminum les situations dans lesquelles il aura à mobiliser ces compétences, les savoirs acquis et les procédures apprises. Cela suppose en premier lieu qu’on identifie les activités que les patients conduisent tous les jours et qui ont trait aux savoirs et compétences qu’ils mobilisent dans l’action, dans la réflexion , comme par exemple la prise de décision en situation d’incertitude. Cela suppose un travail de tentative de compréhension de l’expérience vécue du soin et sa gestion au quotidien par les patients. On a tendance à délaisser les savoirs que le patient mobilise pour continuer à exister comme un autre parmi les autres, pour se focaliser sur les savoirs ayant trait aux tâches qui lui ont prescrites. C’est vraiment enfermant pour eux ! On se dépêche ou on dépêche un autre acteur de santé pour diagnostiquer au plus vite ce que le patient sait, ne sait pas, fait, ne fait pas… de manière à confier à l’espace éducatif la réparation et le redressement des choses. Quelle est cette éducation dont on parle ? Avant de parler des courants pédagogiques en ETP, il faudrait discuter des finalités de l’éducation que le champ du soin, donc les soignants ont envie d’intégrer dans leur suivi de soin en distinguant la discipline des sciences infirmières et celle des sciences médicales car qui pratique l’éducation dans la réalité ? Comment se joue l’articulation entre celui qui la prescrit et celui qui la pratique ? Un patient peut-il faire une demande d’éducation ou proposer une offre d’éducation s’il a été formé voire même s’il est diplômé pour pouvoir le faire ? La fameuse « posture éducative » devenue la posture à la mode dans les articles de vulgarisation sur la pratique de l’éducation thérapeutique n’est pas sans rappeler d’autres modes comme celle ayant trait  à mon époque à : d’où parles-tu  ?

Par catherine tourette-turgis
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 11:20

Déjà une année qui se termine, le temps a passé si vite, voilà que déjà la promotion du Master 1 va passer en Master 2 et nous allons y accueillir des candidats ayant obtenu des Master 1 dans les domaines de la santé, des politiques sanitaires ou issus des autres Master 1 santé de notre université. Nous allons passer d’un groupe de 18 à un groupe de 25 personnes en M2. C’est toujours émouvant de recevoir des lettres de candidatures qui sont en fait des récits de vie, des descriptions professionnelles et de  penser comment nous allons accueillir telle ou telle personne. Le groupe M1 est déjà constitué avec une forte dynamique et il  se prépare à l’accueil de 7 nouvelles personnes. Notre communauté d’apprentissage va s’agrandir. Comme notre master s’inscrit dans une offre de 5 autres master santé, sur le campus, nous sommes en train avec les collègues de voir comment mutualiser nos parcours. Les étudiants pourront eux aussi aller suivre à la carte certains enseignements dispensés dans les autres parcours (handicap, gérontologie, ingénierie médicale, didactique professionnelle, réadaptation).

En éducation thérapeutique en M1 à la  rentrée nous allons recevoir 25 nouveaux étudiants. Nous avons réussi à maintenir un tarif à 450 euros pour les soignants qui ne peuvent pas bénéficier d’une prise en charge par la formation continue et ce dans nos 5 masters. Il va nous falloir maintenir un équilibre et aussi travailler sur une pluralité de situations (inscriptions individuelles au titre de la formation initiale, inscriptions au titre de la formation continue, bourses à trouver pour les étudiants patients etc).

En mettant les regroupements sur les mêmes semaines, nous sommes en train d’imaginer des rencontres lors des déjeuners, des débats en commun  avec des invités, des passerelles, des séances de formation collaborative, des séances d’auto-formation, un choix à la carte en termes de curriculum, des choix de pédagogie différenciée.

Cette année a été un vrai bonheur pour moi au sens où chaque année je me risque un peu plus dans le projet pédagogique qui me tient à cœur et que je mets en place par étapes. On oublie souvent qu’un pédagogue c’est aussi un preneur de risques. On n’a pas la vie des gens dans notre main mais avoir la responsabilité  de la réussite d’une formation, de l’organisation d’un dispositif d’apprentissages n’est pas simple. Je suis replongée depuis quelques mois dans les approches émergentes dans les théories de l’apprentissage et de la formation des adultes. Il y a de nouveaux auteurs et les écrits des suédois et norvégiens sont absolument passionnants et encore peu connus en France.

Nous avons organisé lors du dernier regroupement des réunions d’autoévaluation individualisée afin de mieux recentrer le programme  général et aussi de préparer la rentrée prochaine. La demande qui remonte le plus c’est une demande d’apprendre à apprendre à lire et comprendre les grands textes de référence en sciences humaines et sociales concernant l’éducation . La rédaction du journal de bord d’étudiant apprenti a été importante pour certains étudiants de M1 cette année. Le  mois dernier, « le magazine de la santé » de France 5 est venu dans le Master.Toute la promotion était plus ou moins tendue (moi aussi) car il nous fallait soudain témoigner de ce que nous avions vécu, de nos implications, de nos engagements, de nos choix pédagogiques et ceci notamment en ce qui concerne l’inclusion d’étudiants patients qui ont été longuement interviewés ce jour-là sous la forme de regards croisés sur une formation où soignants et patients étudient ensemble. Pour couper court à toute attaque, les patients de cette année n’ont pas eu besoin d’une validation de leur acquis car ils avaient un niveau universitaire leur permettant de toute façon d’entrer en Master. Je précise cela car bien entendu je suis en train de travailler sur des équivalences et un référentiel des acquis de l’expérience des malades avec une équipe de chercheurs.Heureusement les open university, l’université de Montréal et bien d’autres dans le monde développent des programmes qui relèvent des mêmes orientations.

Par ailleurs, les textes officiels portant sur l’éducation et la formation tout au long de la vie en ajoutant au texte de loi sur la validation des acquis professionnels (VAP 1985) le texte de loi sur la validation des acquis de l’expérience (VAE) sont très clairs et vont  dans mon sens ainsi que d’autres pays du monde …. Néanmoins, il faut se battre dès qu’on touche à un projet de diplômation en direction de personnes qui ont des savoirs acquis par l’expérience que  les référentiels habituels ne décrivent pas . Ce n’est pas une raison pour leur dénier toute qualification tout autant que le droit de reprendre des études dans des filières qui pourrait leur en donner une comme les filières santé et éducation!

Paris le 26 avril 2011

 

Par catherine tourette-turgis
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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 12:20

La période de l’évaluation des programmes en éducation thérapeutique est arrivée en même temps que les premiers lilas fleuris. Chacun est prié de s’agiter et de trouver une grille d’évaluation correspondant aux attentes … Mais à propos on parle des  attentes de qui ? Les patients ont –ils un examen de fin d’études à passer ? Doit-on les préparer à entrer dans le cycle supérieur ? Doit-on délivrer un quelconque certificat d’aptitudes ?

Si tel était le cas, on aurait bien entendu des référentiels de compétences à se mettre sous la dent ou les yeux qui iraient au delà des compétences d’auto soin ou d’adaptation psychosociales ….Mais là non il faut se débrouiller avec des recommandations officielles qui manient avec brio une certaine ingénierie ou plutôt une certaine vision d’ingénierie de la formation des adultes, celles qui essaient de rabattre les compétences du côté des savoirs faire et des procédures observables en segmentant les savoirs sachant que ceux qui comptent en dernier recours pour l’évaluation sont les savoirs enseignés ou enseignables au risque de 3000 torsions . pour ne prendre que l’exemple de améliorer sa confiance en soi, il fautau moins 100 torsions pour parvenir à l’intégrer dans un atelier d’éducation de 2 heures . Le problème est qu’avec une approche par délégation ou transfert  de compétences, il y a des savoirs de base, des savoirs essentiels, des savoirs de survie, des savoirs d’expérience qui passent à la trappe parce que ceux qui sont chargés de les transmettre ne les possèdent pas tout simplement ! En effet que penser d’un rendu de résultats d’actions d’éducation où à la fin de 5 ateliers, on remplirait des cases qui ressembleraient à  cela :

E, 43 ans, transplantée rénale, lupus, venant de faire un infarctus sait vivre avec une épée de damoclès au dessus de la tête. I. 40 ans ex-usager de drogue , infecté par le VIH ,à qui on vient d’apprendre son cancer se sent mieux car il peut enfin expliquer à ses voisines à Toulouse pourquoi il y a une ambulance qui vient le chercher tous les jours pour ses soins . R , 34 ans diabétique  s’est ennnuyée pendant la première séance d’éducation car sa voisine de groupe avait 73 ans et son voisin était un instituteur militant qui savait tout sur tout  . R voulait juste savoir quand c’était le mieux pour elle de  faire un enfant , si on allait changer son traitement et si elle pourrait continuer son métier d’avocate pendant la grossesse. Tous sont arrivés avec un diagnostic éducatif bien détaillé mais la rencontre entre eux a modifié la dynamique des ateliers prévus et pourtant tous ont acquis quelque chose qui ne se mesure pas ou qui ne répond pas ou ne se limite pas  aux grilles acquis- non acquis- en cours d’acquisition –

R a appris qu’elle n’était pas seule, que le diabète des autres ce nétait pas le sien . Le fait d’entendre quelqu’un qui a la même chose qu’elle alors qu’elle ne peut pas en parler au travail sous peine de ne pas se voir proposer une place d’associée lui a permis de se libérer un peu du secret. E. savait déjà vivre avec une épée de damoclès au dessus de la tête et les ateliers d’éducation lui servent à mesurer et mettre en perpectives son savoir acquis . «   Entendre les autres dans les ateliers ne m’apprend rien sur la maladie mais beaucoup sur les diffétrentes manières de réagir à la maladie, donc je peux dire que je progresse oui et que je me renforce en me disant ; tiens cela tu devrais y penser »

I n’apprend pas grand chose non plus dans les ateliers mais c’est important pour lui de sortir du petit appartement qu’il est en train de perdre parce que sa femme n’a pas supporté une maladie de plus  . S à 73 ans apprend plein de choses sur le diabète et la cuisine comme elle dit et elle aime se sentir entourée de gens comme ce jeune instituteur qui pourrait peut-être lui apprendre à utiliser la nouvelle télécommande de la boite à TNT.

Ces patients ont tous en commun par rapport à l’éducation de désirer échapper ou s’émanciper de leur destin biologique programmé. Alors qu’on mette à côté de leurs noms des cases qui listent une série de compétences d’auto-soin et psychosociales cochées sous trois formes: "acquis, non acquis en cours d’acquisition" ne fait pas sens pour eux mais pour les évaluateurs agréés peut-être !

 

Par catherine tourette-turgis
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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 17:43

 

J’ai donné une conférence jeudi soir au DELF (Diabète Education de Langue Française) aux côtés d’Alain Golay et de Pascal Gâche . Mon intervention portait sur la recherche que je dirige et conduis pour l’organisme de formation Comment Dire sur l'évaluation d’une formation  à l’entretien motivationnel dans le diabète dans la région Nord Pas de Calais. Je me suis aperçue une fois de plus en discutant avec la salle (300 personnes) au cours du dîner et dans la soirée qui s’est terminée très tard qu’en fait une confusion majeure persiste sur l’entretien motivationnel. Certaines personnes pensent que c’est une méthode qui repose sur le bon sens, d’autres que c’est une méthode de persuasion, d’autres encore voire les mêmes que c’est un nouveau remède miracle pour dresser les patients récalcitrants.

Tout d’abord, il est important de souligner que l’entretien motivationnel n’est pas un médicament ou une technique comportementale de plus au service de la norme, de l’éradication des mauvais comportements observés chez les patients. C’est une approche qui s’inscrit dans les types de counseling notamment un counseling centré sur la personne et sur un problème de santé à traiter par cette même personne. C’est une approche alternative aux pédagogies de l’abandon du patient quand on finit par croire qu’il est si buté, et dans un si grand déni que plus personne ne peut plus rien pour lui. Le fait d’avoir démontré que le comportement du patient était dépendant de l’interaction soignant patient est indéniablement le mérite principal de cette approche. Le fait d’avoir mis en perspective ce qui se passe pour le soignant et ce qui se passe pour le patient a déjà été démontré dans les approches cliniques de la relation de soin mais ce qu’a fait l’équipe de Miller (Université du Nouveau Mexique) c’est d’avoir utilisé les méthodes des sciences expérimentales pour le démontrer et donc le faire accepter par le monde médical car son modèle d’évaluation est un modèle validé et accepté par la communauté scientifique (sciences dures), d’où la multiplicité de ses études cliniques (72 à ce jour). En France on observe un raz de marée sur l’entretien motivationnel et un bon nombre de ceux qui forment les soignants à sa pratique ne l’ont jamais pratiqué, ne présentent aucune garantie en tant que formateur d’adultes, et ne maîtrisent pas les théories sous jacentes à ces approches qui à elles seules nécessitent un investissement méthodologique, clinique et scientifique conséquent.

Cela donne donc des aberrations graves notamment sur le concept d’empathie,  sur les fondements de l’approche motivationnelle, sur le style d’intervention qui va avec.Cela va avoir pour effet de dénaturer l’approche qui d’ailleurs n’est pas sans faille ou faiblesse. Une fois dénaturée et passé l’effet de mode, on va encore jeter le bébé avec l’eau du bain sans avoir pris le temps de bien laver, savonner, observer, câliner, gronder un peu parfois  ce bébé qui n’est pas plus sale qu’un autre ! Pour ne donner qu’un exemple, une personne ayant été formée déclarait : "Là je me mets en empathie , une autre : là je déclenche le dispositif d’empathie ". Ces deux exemples montrent d’un côté l’association de l’empathie à une intervention chirurgicale en urgence , l’autre l’association de l’empathie à un état modifié de conscience sur commande . J’en passe et des meilleures, je vais dorénavant commencer à écrire le « petit bêtisier de l’empathie ».

Voici à ce propos un encart que j’ai traduit et résumé à partir d’un article rédigé par  Miller lui-même fin 2009 dont le titre est assez éloquent ( Ce qu’est l’entretien motivationnel, ce qu’il n’est pas ) et dont je me suis servie dans la recherche action formation.

 

-       L’entretien motivationnel n’est pas une méthode de persuasion ou d’influence.

-       Il n’est pas réductible à l’utilisation de certains outils attractifs comme la balance décisionnelle (Janis et Man, 1977) ou la roue du changement (Prochaska, 1984).

-       Il ne s’agit pas d’apprendre au patient quoi que ce soit qui lui fasse défaut ou de corriger ses croyances, il s’agit de travailler avec ce qui est déjà là et d’aborder ce que nous amène le patient sans jugement et sans préjugés.

-       Il n’est pas seulement une approche centrée sur le client de type rogérienne, il est aussi centré sur l’atteinte d’un objectif ou une décision à prendre comme c’est le cas dans les lieux de soin.

-       Son apprentissage ressemble à celui d’un instrument de musique ou d’un sport complexe. Il nécessite un entraînement régulier et une consolidation des acquis par le biais d’un accompagnement, d’un coaching ou d’une supervision.

-       Il n’est pas une psychothérapie et cette approche se déroule sur quelques heures . Elle  est particulièrement adaptée à certains moments dans le trajet de soin du patient notamment quand ce dernier a besoin de s’engager dans un changement pour des raisons de santé ou  a besoin ponctuellement de se préparer à entrer dans un nouveau type  de soin plus ou moins lourd. 





 

 

Par catherine tourette-turgis
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 08:53

Toutes les questions que je me pose régulièrement dans mes travaux universitaires  sont de fait rapportables à quelques questions  étant entendu qu’on ne se pose de question que là où on a la réponse .J’essaierai donc de montrer comment j’ai travaillé tout au long de ma carrière à travers les institutions à démontrer jusqu’à quel point on hérite d’une vision du monde qui légitime efficacement  la domination existante tout en tentant à mon humble niveau de voir comment on peut néanmoins tenter non pas de  se départir mais  de se délester de certaines parts d’un héritage qui nous a été  transmis avec un testament toujours à l’œuvre au niveau inconscient au sens où exister et perdurer c’est aussi faire avec les générations précédentes de vivants qui nous ont précédé et nous ont laissé un monde tel qu’ils l’avaient façonné jusqu’alors . Etant régulièrement exposée depuis l’âge de 30 ans aux aléas de la mort, il va de soi que cette proximité constante avec la finitude biologique me conduit aujourd’hui à pouvoir expliciter un peu plus la manière dont j’aimerais travailler à travers le prisme des sciences de l’éducation quelques matériaux solides et éprouvés qui tout en semblant venir d’un champ à priori étranger aux sciences de l’éducation le traversent de par en part au sens où le  désir de  transmission , rode toujours dans des parages où il y a des morts , des ancêtres, des précédents, des hommages, des ruptures voire des cercueils sans compter le travail inconscient qui s’effectue sans relâche en nous et qui se manifeste comme une lutte contre un irreprésentable et un inacceptable que  constitue notre propre mort.

Si la médecine réduit parfois  la mort à un décès, l’éducation se libère d’emblée de la question du décès en intégrant dans les recettes de la  nourriture qui vient satisfaire notre désir de savoir de multiples condiments dont les plus épicés parfois ont un goût qui n’est pas sans rappeler le goût des hommages aux disparus. A la différence de la médecine, l’éducation peut choisir les morts dont elle désire parler, alors que la première est assignée au devoir rendre compte des décès dont on lui fait parfois payer le prix fort , la deuxième excepté peut-être depuis Auschwitz est très peu sommée par la société d’avoir à s’expliquer sur les morts qu’elles décident de ressusciter et ceux qu’elle décide d’enterrer une deuxième fois par le silence qu’elle tient à leur égard. En ce sens mon travail avec les vivants donnés pour morts et les tenus pour morts si on utilise à bon escient les grilles de morbidité sociale, m’aura permis pendant ces trente dernières années de trouver mon chemin ou plutôt de construire un chemin qui a fini par devenir le mien à travers le fait de regarder le corps de certaines théories éducatives comme un corps à la fois vivant et déjà mort.

Paris le 2 décembre 2010

Catherine Tourette-Turgis

catherine.tourette-turgis @upmc.fr

 

 

 

Par catherine tourette-turgis
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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 18:29

La posture de soin et de sollicitude à l’égard non seulement d’autrui mais du monde, se définit comme un ensemble de pratiques et non comme un ensemble de dispositions ou de vertus premières. Ce point a un effet immédiat dans les pratiques de soin parental, de soin médical, de soin éducatif notamment sur les représentations identitaires qui continuent d’enfermer les femmes, les mères, les infirmières dans des postures qui expliqueraient les fonctions qu’elles exercent  en les réduisant  à la manifestation d’un instinct  de type maternel, d’une vocation voire d’une identité tout court nourrie par un instinct de sauvetage des plus petits et des plus faibles. La posture de soin est un ensemble de pratiques qui se définissent et s’exercent dans un cadre qui a pour effet bien entendu de créer un certain type d’attachement mais l’attachement aveugle n’est pas premier dans l’affaire. Ces formulations à priori simplistes méritent qu’on s’y arrête car elles remettent en question toutes les représentations sociales des métiers de l’humain, de l’aide  du soin y compris de l’éducation  qui réduisent ces derniers à la manifestation d’un registre bien particulier : celui de la vocation comme si celle-ci pouvait suffire à exercer des fonctions qui comme on le voit précisément sont de l’avis des personnes qui les exercent de plus en plus difficile à exercer par manque de mise en place de cadres notamment pour prendre soin de populations de plus en plus vulnérabilisées ou voire qui s’opposent aux modes de délivrance des soins habituels et aux valeurs qui en accompagnent la délivrance notamment l’appel à l’autonomie. La crise dans les métiers de l’humain s’inscrit dans un climat social qui essaie de réformer les pratiques de soin sans faire se rencontrer ou s’interroger sur les liens qui les unissent les pourvoyeurs et les bénéficiaires. 

Par catherine tourette-turgis
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 02:35

 

 A l’heure où les recommandations officielles posent la nécessité de concevoir les programmes en éducation thérapeutique en partenariat avec les patients et les associations de patients, il me parait opportun d’ouvrir les DU en éducation thérapeutique aux patients-experts en exercice. Outre la conception des programmes, le patient-expert peut et doit être, au même titre que le soignant, un acteur de l’éducation thérapeutique en étant lui-même « éducateur » pour ses pairs.

 C’est dans cette optique que l’université Pierre et Marie Curie a intégré plus de 30% de patients-experts dans sa promotion 2009-2010. Le mixage des publics a été d’un grand intérêt pédagogique et scientifique. Créer des dispositifs où patients-experts et soignants apprennent ensemble est une urgence éducative et universitaire, car c’est dans la rencontre et l’apprentissage mutuel que se créent les cultures éducatives de demain en ce qui concerne l’éducation thérapeutique.

 Concevoir, construire avec les patients des programmes d’éducation thérapeutique passe par la reconnaissance officielle de leur travail aux côtés des soignants. Cette reconnaissance implique aussi l’accès des patients-experts à des formations diplômantes. Or, il existe encore des lieux universitaires où les candidatures de patients-experts sont refusées sans même leur donner le droit de bénéficier d’un entretien de validation des acquis de leur expérience acquise en termes de formation de leurs pairs ou de soignants. 

 La mission de l’université et des universitaires que nous sommes, consiste à vérifier que chaque étudiant potentiel puisse bénéficier du droit à l’éducation et à la formation tout au long de la vie. Cela signifie beaucoup de travail de notre part et beaucoup d’adaptation de nos programmes, dans certaines conditions, mais c’est notre devoir que de nous soumettre aux contraintes pédagogiques que le droit à l’éducation, pour toutes et tous, requiert de notre part.

 Rien, dans la loi, n’empêche d’accueillir des patients-experts dans les DU. Toutes les réserves pédagogiques qui sont émises de ci ou de là, sont la plupart du temps des réserves institutionnelles. Le premier obstacle, à priori, est dû au fait que les DU en éducation thérapeutique sont souvent logés dans les mêmes lieux que les lieux de soin, ce qui empêcherait du coup de voir le patient-expert comme un  formateur, un pédagogue voire même un étudiant de plein droit.

 Intégrer des patients-experts dans les DU en éducation thérapeutique ne devrait plus être une innovation .C’est une richesse incontournable dans ce type de cursus qui doit promouvoir la mixité des publics et des situations de formation.

 

Par catherine tourette-turgis
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 10:12

La maladie  représente un tournant existentiel  dans le déroulement de la vie d’une personne.Après ce tournant, la vie n’est plus comme avant ou au contraire elle  est encore plus comme avant au sens où elle vient renforcer des intuitions. On a trop longtemps enfermé psyché et soma  dans deux territoires différents et on a aussi trop longtemps pensé que la psyché commandait le soma voire qu’elle était la seule capable de désorganiser le soma.  Quel pouvoir on a ainsi attribué à une partie de l’humain à laquelle justement les humains n’avaient pas accès !  Lorsqu’on travaille avec  des malades, on voit bien que le soma a tout autant un impact sur la psyché qu’inversement. La douleur est persécutrice, les rêves post-anesthésie sont remplis d’aiguilles qui nous piquent plusieurs semaines après l’intervention.On écrit avec nos doigts, nos muscles mais aussi avec une tension sur le visage, on parle avec les sourcils qui se rapprochent, nos  mains qui s’ouvrent et se referment mécaniquement. Nous sommes aussi des corps et chacun d’entre nous dispose d’une construction identitaire somatique. Je suis en train de lire textes sur l’éducation somatique, je n’ai pas beaucoup travaillé dans ce domaine, je vais donc poursuivre mes lectures, écouter, essayer de comprendre et voir si on peut intégrer ce champ théorique et pratique dans l’enseignement de l’éducation thérapeutique .On commence à s’ennuyer en France en éducation thérapeutique et les recommandations de la haute autorité de santé sont lassantes . Dommage qu’on n’ait pas aussi des recommandations d’une haute autorité d’éducation. Les acteurs de terrain en ont marre de jouer aux ingénieurs, d’essayer d’entrer dans des cases et de découper leurs actions en unités parcellaires jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font. J’ai bien aimé ce mois-ci l’article critique  de Brigitte Sandrin Berthon sur le diagnostic éducatif et j'ai fait mon cours dans le DU de Paris VI sur ce texte que les étudiants (les soignants et les patients )ont commenté .On utilise le diagnostic pour mettre en valeur tous les dysfonctionnements comportementaux du patient comme si on décrivait  une nouvelle maladie. Ainsi le patient est deux fois malade, une fois de sa maladie et une autre fois de son ignorance ou de son déni. J’avais déjà souligné ce point dans un des mes papiers. Un diagnostic en médecine  c’est chercher ce qui ne va pas et là il n’y a rien à dire, c’est tout à fait utile mais en éducation si on commence par chercher ce qui ne va pas chez l’apprenant, il est difficile ensuite d’adopter une posture pédagogique. En éducation thérapeutique on a l’impression que le diagnostic éducatif est pratiqué comme un test de connaissances. Quant au récit thérapeutique du patient, il vaudrait mieux l’interdire s’il sert à classer les patients en «  il n’accepte pas  sa maladie, il est dans le déni, il refuse d’admettre ». C’est grave de faire parler quelqu’un pour le juger avec des catégories équivalentes à une disqualification car c’est de cela qu’il s’agit souvent dans les pratiques …On confond faire parler et écouter en permanence. On n’a pas le droit de faire parler qui que ce soit pour ensuite utiliser sa parole pour poser sur son dos et dans son dos un diagnostic pseudo-psychologique aux fins de lui  proposer un programme de rééducation . Ces façons de procéder sont inacceptables ! J’espère que dans les congrès à venir sur l’éducation thérapeutique, cette question de l’usage dangereux pour les patients mais aussi pour les soignants  des recommandations officielles  va être posé au moins dans la salle . Car quel organisateur de congrès va oser  inviter un orateur à  faire une contribution critique sur le diagnostic éducatif  ? Au moins dans les congrès en éducation, on invite toujours à la même table ceux qui sont pour et ceux qui sont contre telle ou telle méthode pédagogique quand bien même celle-ci relève de recommandations officielles !

Par catherine tourette-turgis
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 09:58

Le propre d'un pédagogue est de pousser  toujours plus loin  les dispositifs d'apprentissage et d'accès au savoir dans lesquels il engage ses convictions, ses intuitions, ses observations mais aussi un peu de ses compétences.

Cela fait plus de 25 ans que je travaille avec des personnes vivant avec, survivant à ou en rémission d'une maladie chronique. Certaines et certains d'entre eux ont quitté ce monde mais avant de partir m'ont appris beaucoup de choses et je dirai même qu'ils m'ont appris à apprendre ce qu'est la maladie, ce qu'est le soin, ce qu'est l'apprentissage de la complexité d'un rapport au monde lorsqu'on est malade. C'est à partir de  ce côtoiement continu, intime , social et permanent avec des centaines de patients que m'est venue l'idée assez banale en soi de développer un projet d'université des patients. En effet le dispositif national de l'éducation et de la formation tout au long de la vie n'a encore rien prévu pour un public particulier : celui des malades chroniques . Rien n'a été organisé pour permettre à ce public de se former et de reprendre des études tout en bénéficiant d'aménagement des dispositifs d'études qui doivent intégrer et anticiper les évènements aigus qui peuvent surgir tout au long d'une maladie ou d'un soin chronicisant.

Etant universitaire de par mes fonctions et mon statut, j'ai donc décidé d'engager les institutions universitaires dans une réflexion à la fois sur l'offre qu'elles pouvaient faire aux malades chroniques entrant dans le dispositif d'éducation et de formation tout au long de la vie mais aussi sur les postulats de ce type d'offre. En effet jusqu'à maintenant toute personne malade qui veut entamer ou reprendre ses études peut le faire mais on ne lui propose dans les grilles de validation des acquis de l'expérience que des références à des gestes de métier ou à des compétences professionnelles. Ce que je propose va au delà: je propose qu'on prenne en compte et qu'on qualifie au même  titre que les autres gestes de métier appris, l'expérience du travail de soin global produite par la personne. Bien sûr cela nécessite la création de grilles d'évaluation particulières et une pensée de la relation expérience -formation-autoformation inédite mais c'est faisable à condition d'être pensable. Une personne qui a un blanc sur son CV parce qu'elle a été  transplantée, a eu une chimiothérapie, ne mérite pas un blanc sur le curriculum de sa vie, elle n'a pas rien fait , elle n'a pas rien appris, elle n'a pas rien produit . Le regard social y compris universitaire est tellement disqualifiant sur la maladie qu'il ne s'est jamais préoccupé de compter le nombre d'heures productives qu'un patient passe au travail de maintien du capital vivant qui participe de notre produit national brut. Je propose aussi que l'université s'engage à développer des recherches sur les savoirs d'expérience, sur les savoirs existentiels , les savoirs autodidactes ,les savoirs d'ingénierie que développent les patients et que ces savoirs soient reconnus et confrontés aux savoirs en sciences humaines et sociales produits par les non malades sur les malades et qui sont malheureusement comme Susan Sontag l'a déjà montré tout aussi disqualifiants que le regard social général. Je propose que des patients bénéficient de cursus universitaires leur permettant d'apporter une contribution scientifique essentielle à la question de la construction des compétences tout au long de la vie et notamment à l'occasion de situations inédites de la vie .

Par catherine tourette-turgis
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  • : education therapeutique Santé
  • : mettre en place un master d'éducation thérapeutique dans un département de sciences de l'éducation et documenter le processus de mise en place de ce type de projet innovant, expliciter les valeurs , l'éthique, les concepts qui seront développés au cours de cette formation de différents acteurs intervenant dans le monde du soin et plus particulièrement dans le champ des malades chroniques
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